Collectif Bette Davis

    LES BESOINS DU PROJET

Se produire au Festival d’Avignon pour porter la parole de MISS sur le rapport genré et les méandres du féminisme a un coût. Logement, location de théâtre et bien entendu salaires, représentent un poids non négligeable sur l’économie des compagnies, souvent passé sous silence dans ce moment festif qu’est le festival, et parce que le retour sur investissement profite au développement des projets en aval.

Un petit point sur la balance budgétaire avant de partir à l’aventure :

Les principaux financeurs sollicités pour notre projet « MISS en Avignon » sont l’AF et C (Avignon Festival et Compagnie), le FONPEPS (un fond créé par le Ministère de la Culture en vue de pérenniser les emplois du spectacle vivant), et la SPEDIDAM (pour son dispositif d’aide au projet). Ils représentent 30 % de notre budget.

La faisabilité de « MISS en Avignon » repose également sur un engagement fort des deux compagnies coproductrices : ETRANGE ETE et VERSUS. Cet apport constitue 45 % du budget de l’aventure avignonnaise.

Nous faisons donc appel aujourd’hui au mécénat, bien entendu pour compléter un budget qui nous permettra de représenter MISS dans de bonnes conditions. Mais nous convoquons l’action des entreprises et les gestes singuliers, nous vous sollicitons aussi et surtout, dans une démarche d’engagement à porter par l’intermédiaire de MISS, une parole féministe dégagée de toute vision première. De faire votre un féminisme résolument contemporain actif et inclusif. Avec la conscience qu’il ne s’agit que d’un rameau d’une oppression plus large, encourager un rapport à l’autre sans peur, une prise en compte de l’humain démis des représentations toutes faites, comme un art de la réconciliation.

 

 


Lien vers le site de mécénat

 

 

 

MISS

Le premier spectacle du collectif Bette Davis

MISS est un spectacle hybride sur la condition féminine.
En tirant le fil de « l’idéal féminin », nous avons créé une forme mêlant le chant, la danse et le théâtre, afin de porter un propos engagé avec fantaisie et jubilation, dans un rapport direct au public.

Ça commence par une femme à barbe idéale.

Ça se poursuit avec le face à face de deux écritures, une classique – avec Antoinette Deshoulières, et une contemporaine – Carole Thibaut, dont se dégage un historique du rapport féminin/ masculin engageant une réflexion sur les clichés et le rapport à l’autre dans ses limites:

 

Que reste t-il du sujet lorsqu’il n’est, de tous temps,
que projections et objet du désir des autres ?
Qui joue le jeu de quoi ?
Qu’est-ce que le féminin, où se situe le masculin ?
Quelle liberté lorsqu’on se conforme encore et toujours ?

En passant par la danse de l’accouchement, ça s’achève avec notre écriture personnelle comme un état des lieux ici et maintenant :

« Et bienheureux pour moi, je ne suis « africaine »,
Tomberait sur ma tête alors la double peine
D’avoir servi là-bas et de servir ici
Les hommes puis les femmes, et leurs enfants aussi. »

Maud Leroy

Cinquante minutes dans un cabinet de curiosités du féminin, MISS est loufoque, légère, brouille les pistes d’une théâtralité classique dans un rapport direct au public.
Entre fantasme et réalité, venez à notre rencontre, pour peut-être entre les lignes, voir s’opérer un glissement du « ça » au « je »…

Le Collectif

« Le trésor, c’est l’autre », disait Antoine Vitez.

S’il fallait expliquer ce qui nous unit, cette phrase serait sans doute la plus juste. Le trésor c’est l’autre parce que chacune de nous au sein de ce collectif particulier nourrit et se nourrit, puise et apporte dans un même élan créateur.

Le collectif Bette Davis est l’union de deux individualités, de deux actrices et de deux écritures.
Depuis plusieurs années, Maud Leroy et Béatrice Courtois travaillent ensemble, échangent, collaborent dans une complémentarité et une complicité artistique évidente et joyeuse.
Leur union est sans masque, et c’est ce visage authentique et ce parlé vrai, actifs ensemble, qui font leur valeur.
L’esprit de ce duo, et la mise en commun des savoir-faire par leur diversité, permet de toucher un public plus large : ce que l’une ne sait pas faire, l’autre le maitrise ; d’imaginer des gestes artistiques expérimentaux et originaux : à deux on a moins peur… et de créer des formes engagées fantaisistes et légères : chacune étant le recul de l’autre, on s’amuse ! Leur pratique est transdisciplinaire et contemporaine, mêlant le théâtre, le mouvement, le chant et la musique.

Choisir le nom de la « reine hollywoodienne » Bette Davis, comme emblème, fait la part belle à une esthétique de la femme idéalement façonnée par et pour les hommes, mais qui parvient à récupérer la mise… Mettant en avant la période faste de l’industrie du cinéma américain dans ce qu’elle a d’ambivalent, de magique et de plus instrumentalisant, de beauté fatale et de monstruosité. Bette Davis est formée au théâtre, et c’est forte de sa compétence d’interprète qu’elle se fraye un chemin artistique de qualité, à la hauteur de ses capacités. Symbole de ténacité, elle est une femme qui est un homme comme les autres, à la féminité phallique… comme dirait tonton Freud…

Le Collectif Bette Davis est une entité forte de son désir de sortir d’un entre soi, pour créer dans des conditions différentes. Créer d’abord, et demeurer dans une démarche jubilatoire, parce que la vie est courte et que notre matrice de création n’est ni la reconnaissance à tout crin, ni une gloire assise sur une équipe de com’ hors pair, mais de jouir au plateau, de nous amuser de nos propositions, de nous féliciter de nos talents (ce qui les démultiplie et les renforce), de partager nos lectures, de réfléchir sur la pratique au plateau (recherche en théâtre DRAC), et de rêver de nos créations en suivants le fil de nos désirs impérieux.

Bette Davis est une enclave où s’exerce notre liberté, notre amusement, nos désirs de créer embryonnaires, nos possibilités de tentatives, notre parole engagée.

Béatrice Courtois et moi-même, Maud Leroy et moi-même créons avec Bette Davis une cellule inclusive de création. Un collectif que nos activités respectives nous permettent de faire exister sans pression, hors système, hors d’un entre-soi, où seule l’impérieuse nécessité artistique prime.